.................... Cher moi-même,la pluie ne s'arrêtera-t-elle donc jamais? Je la regarde couler sur le carreau sale de ma chambre, sous les toits; elle reste si gracieuse en s'échouant sur cette lucarne alors que je perds peu à peu pied ici et là. J'écris avant de tomber sous le terrible charme des gesticulations extérieures et de ces gouttes translucides. Les bruits de vie se mêlent aux notes exotiques et asiatiques de mon unique Cd de Buddha Bar. Je me sens seule, emprisonnée dans mes vingt mètres carrés. Je tourne en rond. Je deviens mon propre poisson rouge, un poisson rouge se nourrissant de pommes juteuses et sucrée, de thé à la vanille. Subtile mélange. A fleur de peau, au milieu des fleurs fanées que je n'ai jamais eu envie de jeter. Elles sont si somptueuses en rose pâlissant et en blanc légèrement jauni. Toutes leurs craquelures divines. J'ai cessé d'écrire, j'ai tenté de raconter des histoires et j'ai d'ailleurs réussi à m'en raconter plus à moi-même qu'aux feuilles de papier restées vierges et pures. J'aimerais crier d'une voix stridente, appeler de l'aide. Aucun son ne daigne se faire entendre. Et je m'éteint tout doucement parce que je n'ai pas su tisser de liens. Trop de timidité, de doutes, d'incertitudes et de malaises d'enfance, d'adolescence. Je reste là, devant ma lucarne, à contempler, à vivre, de loin et même de trop loin, ou imaginer tout ce qu'il est possible de vivre à l'extérieur. Point.
Mrs A-phemere or Tam.